18 octobre 2026
La Fondation Auar pour la justice et le développement publie une note d’information sur les droits humains et la situation humanitaire face à l’escalade des violations et à l’aggravation de la crise humanitaire à Taïz
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La Fondation appelle à une intervention internationale urgente pour protéger les civils, lever les restrictions concernant l’eau et les approvisionnements essentiels, garantir les services de santé et enquêter sur les violations signalées
Taïz – Dimanche 18 octobre 2026
La Fondation Auar pour la justice et le développement a publié ce dimanche une note d’information sur les droits humains et la situation humanitaire concernant l’escalade militaire et la détérioration des conditions humanitaires dans le gouvernorat de Taïz. Couvrant la période du 6 au 17 octobre 2026, cette note met en lumière les risques croissants qui menacent la vie des civils, les restrictions à la circulation des habitants et à l’accès aux approvisionnements essentiels, ainsi que les conséquences de l’escalade sur les services de santé, les besoins humanitaires et les droits de la population
Cette note s’appuie sur des incidents de terrain suivis par la Fondation et sur des informations qu’elle a vérifiées, ainsi que sur des données et rapports publiés par des organisations des Nations Unies, des organisations internationales, des centres de recherche et des entités locales. Elle documente des bombardements ayant touché des habitations et des zones peuplées, des morts et des blessés parmi les civils, les risques liés aux mines terrestres, ainsi que les restrictions entravant l’acheminement de l’eau potable, des denrées alimentaires et des fournitures médicales vers la ville de Taïz
Escalade militaire et risques croissants pour les civils
La note fait état de plusieurs incidents survenus pendant la période examinée, notamment le bombardement d’une habitation civile dans le village d’Al-Sarm, dans le district d’Al-Misrakh ; la mort d’un enfant à la suite de l’explosion d’une mine terrestre dans le district de Jabal Habashi ; la mort de trois femmes dans le Wadi Usus, dans le district d’Al-Shamayatayn ; ainsi que les blessures de deux femmes et de trois enfants à la suite d’un bombardement ayant visé une maison dans le quartier de Bir Basha, à l’ouest de la ville de Taïz
La note évoque également des informations faisant état de morts et de blessés parmi les civils dans les zones d’Al-Shaqab, d’Al-Anin, de Kahlan et d’Aqaqah, ainsi que des rapports signalant d’intenses bombardements visant des villages du Jabal Saber et d’autres secteurs du gouvernorat
La Fondation souligne que la persistance de ces incidents accroît les risques auxquels sont exposés les habitants, notamment les femmes, les enfants et les personnes en situation de handicap. Elle appelle à renforcer les mesures de protection des civils, à élargir les activités indépendantes de surveillance et de documentation, et à enquêter sur les faits signalés afin d’établir les responsabilités sur la base de preuves vérifiables
Restrictions concernant l’eau et les approvisionnements essentiels et hausse du coût de la vie
La note met en évidence les restrictions imposées aux déplacements des civils et à l’acheminement des approvisionnements essentiels. Elle fait état d’informations recueillies sur le terrain et dont la Fondation affirme avoir vérifié la fiabilité, selon lesquelles des camions-citernes transportant de l’eau potable auraient été empêchés d’atteindre la ville de Taïz par la route d’Al-Dhabab le 17 octobre. Cette situation s’est accompagnée de l’entrave à la circulation des voyageurs au point de contrôle Al-Hangar–Al-Dhabab pendant plusieurs heures, avant que leur passage ne soit autorisé tard dans la soirée
La Fondation avertit que la poursuite de ces restrictions menace l’accès de la population à l’eau salubre, à la nourriture, au carburant et aux médicaments. Elle accroît également la pression sur les familles touchées et déplacées et aggrave les difficultés rencontrées par les établissements de santé et les services essentiels
Dans ce contexte, la note cite des données d’octobre 2026 indiquant qu’environ 1,5 million de personnes sont touchées par les perturbations de l’approvisionnement, parallèlement à une hausse des prix de l’essence, du gaz domestique et de l’eau potable. Elle mentionne également des estimations selon lesquelles les stocks de blé et de farine dans les zones sous le contrôle du gouvernement yéménite reconnu internationalement correspondent à environ 19 jours de consommation
Alertes concernant la dégradation des services de santé
Sur le plan sanitaire, la note attire l’attention sur une alerte lancée le 13 octobre par le Dr Ahmed Al-Dumaini, membre du personnel de l’hôpital général Al-Thawra de la ville de Taïz, concernant l’épuisement imminent des fournitures nécessaires à la dialyse. Cette pénurie représente une menace directe pour les patients qui dépendent de séances régulières de dialyse indispensables à leur survie
La note présente également des données publiées le 16 octobre 2026 par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Selon ces données, environ 147 600 femmes et filles en âge de procréer dans la ville de Taïz sont exposées à des risques accrus. Seuls cinq des 27 établissements désignés pour fournir des services d’urgence obstétricale et néonatale fonctionnaient partiellement, tandis que plus de 13 100 femmes enceintes rencontraient des difficultés pour accéder aux services de santé maternelle
La note mentionne en outre des données publiées le 14 octobre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), estimant à environ 228 739 le nombre cumulé de personnes déplacées en lien avec l’escalade dans l’ouest du Yémen depuis juin 2026, dont 121 104 personnes dans le gouvernorat de Taïz, selon le périmètre des données présenté dans la mise à jour
La Fondation estime que la combinaison de l’escalade militaire, de la perturbation des voies d’approvisionnement, des déplacements de population et des pénuries de fournitures médicales risque d’aggraver les besoins humanitaires et de compliquer davantage l’accès aux soins essentiels pour les patients, les femmes enceintes et les blessés
Appel à une intervention internationale urgente et à l’établissement des responsabilités
Face à ces évolutions, la Fondation Auar pour la justice et le développement appelle l’Organisation des Nations Unies, le Conseil de sécurité, l’Union européenne, la Ligue des États arabes et le Bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, ainsi que les organismes et agences onusiens et les organisations humanitaires et de défense des droits humains, internationales et locales, à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils dans le gouvernorat de Taïz et garantir le respect des règles du droit international humanitaire
La Fondation demande que des mesures soient prises pour garantir un accès sans entrave à l’eau potable, à la nourriture, au carburant, aux médicaments et aux fournitures médicales ; faciliter les déplacements en toute sécurité des voyageurs, des patients et des ambulances ; et fournir des approvisionnements d’urgence aux établissements de santé, en particulier les fournitures nécessaires à la dialyse et au traitement des maladies chroniques
Elle appelle également à intensifier les opérations de prospection et les campagnes de sensibilisation aux dangers des mines terrestres et des engins explosifs improvisés, à identifier les zones contaminées et à sécuriser les routes et les passages empruntés par les civils. Elle demande par ailleurs une augmentation de l’aide humanitaire destinée aux familles déplacées et touchées, en accordant une attention particulière aux femmes, aux enfants, aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées et aux malades
La Fondation souligne l’importance de préserver les preuves relatives aux bombardements, aux mines terrestres et aux violations signalées, de protéger les victimes et les témoins, de mener des enquêtes efficaces et indépendantes et de transmettre les faits répondant aux critères applicables aux mécanismes compétents en matière de responsabilité, conformément au droit international et aux mandats juridiques concernés
La protection des civils est une priorité urgente
En conclusion de sa note d’information, la Fondation Auar pour la justice et le développement affirme que les événements recensés entre le 6 et le 17 octobre témoignent d’une détérioration simultanée de la protection des civils, de l’accès à l’eau et aux approvisionnements essentiels, ainsi que des soins de santé dans le gouvernorat de Taïz
La Fondation appelle la communauté internationale, les bailleurs de fonds et les organisations humanitaires et de défense des droits humains à dépasser la simple observation de la situation et à prendre rapidement des mesures concrètes pour protéger la population, maintenir les services vitaux, garantir l’acheminement sécurisé de l’aide humanitaire et des approvisionnements civils, et renforcer les mécanismes de responsabilité concernant les violations établies par des preuves
Elle souligne que la sécurité des civils à Taïz exige une action humanitaire et une action en faveur des droits humains coordonnées, la suppression des obstacles qui menacent leur vie et leur dignité, ainsi que des mesures visant à empêcher que les routes, les sources d’eau et les établissements de santé ne deviennent des facteurs supplémentaires d’aggravation de la crise humanitaire
Publié par : Fondation Auar pour la justice et le développement
Date : Dimanche 18 octobre 2026
Gouvernorat : Taïz – République du Yémen
Pour consulter les détails, les données et les recommandations contenus dans cette note d’information, veuillez vous référer à la version intégrale publiée par la Fondation, accessible via le lien ci-dessous
https://drive.google.com/file/d/1zmGemCmGmBR3bA92K9AXMQrYmtdqBNMS/view?usp=drivesdk